Rhino
Le label qui a fait de la réédition une discipline éditoriale
1975, Westwood Boulevard, Los Angeles. Un magasin de disques d’occasion presse son propre 45 tours promotionnel : « Go to Rhino Records », par Wild Man Fischer et le Plastic Rhino Band. Une plaisanterie de boutique, tirée pour le plaisir. C’est pourtant l’acte de naissance du label qui allait transformer la réédition en métier à part entière — avec ses sources, ses règles et ses signatures.
D’un magasin de Westwood Boulevard à un label distributeur
Rhino démarre en 1973 comme commerce de vinyles d’occasion, tenu par Richard Foos. Harold Bronson, qui gère la boutique, pousse sa transformation en société de distribution vers 1978. Le logo — un rhinocéros dessiné par William Stout — apparaît en 1977.
Les premières sorties ressemblent au magasin : compilations de rock, de rhythm and blues et de disques humoristiques des années 1950 à 1980, plus quelques novelty produits pour l’amusement. En 1986, Capitol Records accepte de distribuer le catalogue pour six ans. En 1989, Rhino s’associe à EMI pour racheter Roulette Records et possède, pour la première fois, un catalogue à rééditer qui lui appartient.
Le rachat par Warner et la fabrique du coffret documenté
1992 : Time Warner prend 50 % du capital via Atlantic Records et lui confie la réédition d’une partie du catalogue Atlantic. L’opération se boucle en 1998, quand Time Warner rachète l’autre moitié et fait de Rhino une filiale à part entière. En 2004, le label est absorbé dans la réorganisation de Warner Music Group. Il administre depuis les archives Atlantic, Elektra et Warner, et détient les droits mondiaux du catalogue Roulette depuis 2013. Foos et Bronson, eux, sont partis en 2003.
C’est sous administration Warner que Rhino bâtit sa réputation actuelle : remasterisations soignées, livrets documentés, coffrets thématiques. Un savoir-faire salué par plusieurs Grammy du meilleur album historique, dont celui de 2022 pour Joni Mitchell Archives, Vol. 1.
Ce que l’étiquette raconte
Une radio de curation et un bac de vinyles d’occasion posent la même question : d’où vient ce disque, et pourquoi cette version-là plutôt qu’une autre.
Un pressage Rhino y répond en partie. Le nom sur la pochette annonce une chaîne de fabrication identifiable — bandes sources repérées, remasterisation créditée, notes signées — qui sépare la réédition documentée du simple repressage opportuniste. Pour qui achète d’occasion sans repère, savoir lire un crédit Rhino, c’est déjà savoir ce qu’on tient.
À écouter
- Wild Man Fischer & The Plastic Rhino Band — Go to Rhino Records — 1975. Le disque promotionnel du magasin, avant que Rhino ne devienne label.
- Various Artists — Nuggets: Original Artyfacts From the First Psychedelic Era, 1965-1968 — 1998. Le coffret de référence pour la réédition documentée du garage rock des sixties.
- Joni Mitchell — Joni Mitchell Archives, Vol. 1: The Early Years (1963-1967) — 2020. Grammy du meilleur album historique en 2022.
Dans notre stock
Des rééditions Rhino passent régulièrement dans notre stock. De quoi comparer, sur des pressages concrets, ce que vaut une réédition signée Rhino face à un repressage anonyme.
Pour aller plus loin
- Tous les portraits de label
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